Écotourisime Facteaur de Croissance Économique et Pilier du Developpement Durable

source : Biocologie.com

1-  Contexte et Justification

Le concept de « développement durable » a toujours été pour les chercheurs un paradigme dont il faut trouver les outils pour l’implémenter en  conciliant le développement socio-économique et la protection de l’environnement. Prenant son origine du rapport Bruntland en 1987, sans oublier le Sommet de la Terre à Rio et, plus récemment, le Sommet de Johannesburg, le développement durable reste une notion plus ou moins divergente auprès de l’opinion populaire que parmi les scientifiques ceci rendu visible par le nombre élevé de définitions existantes dû à la nature même de ce vocable « développement et durabilité » qui interpelle et intervient dans plusieurs disciplines. Mais ce qu’il convient de retenir est que,  la prise en compte de l’environnement dans les questions de développement durable oblige à explorer d’autres champs d’activités jusque-là tenus pour marginaux. ” Une chose est absolument certaine : dans aucun pays, encore moins sur la planète entière, l’évolution contemporaine de la civilisation humaine n’a un caractère durable. Ainsi, l’idée du développement durable est un défi, un appel urgent à l’exploration de voies qui nous permettraient d’y parvenir ” (Moldan, 1996; 72). Parmi la panoplie d’outils proposés afin d’évoluer vers un développement durable de nos sociétés, il y en a un qui retient maintenant l’attention : l’écotourisme.

Depuis le début des années 1970, le tourisme est l’industrie qui connaît la plus forte croissance à l’échelle de la planète (Boo, 1990). Mais avec l’exigence environnemental et le désir de conserver pour les générations futures comme le dit Sylvie BRUNEL dans son ouvrage (qu’est-ce que le développement durable? 2004, PUF) l’écotourisme apparaît comme une solution miracle capable de concilier le développement économique, la protection de l’environnement et le bien-être des communautés.” Autour du monde, l’écotourisme a été acclamé comme une panacée : une façon de financer la conservation et la recherche scientifique, de protéger les écosystèmes vierges et fragiles, de bénéficier aux communautés rurales, de promouvoir le développement dans les pays pauvres, de renforcer la sensibilité écologique et culturelle, d’insuffler une conscience sociale et environnementale à l’industrie touristique, de satisfaire et d’éduquer les touristes et même, d’après certains, de bâtir la paix mondiale ” (Honey, 1999). Cependant, si le développement durable au travers de l’écotourisme est apprécié, il faut reconnaître que dans les pays en voie de développement en général plus particulièrement les pays d’Afrique subsaharienne, il est loin d’être considéré pourtant il reste une solution appropriée permettant de concilier croissance  économique et  durabilité qui doit s’allier à leurs volontés de  développement pendant cette ère de prise de conscience des réalités de préserver l’écosystème. Pour comprendre cela, il est important de présenter en quoi écotourisme est un facteur de croissance économique bien mieux que le tourisme d’une part et en quoi il est un pilier qui intègre mieux la durabilité du développement.

2-  Écotourisme: facteur de croissance économique.

   Le tourisme est la première industrie planétaire devant l’automobile et l’aéronautique  (Pierre P., 2002). Le tourisme a montré ses limites dans la mesure où elle met l’accent prioritairement sur la rentabilité économique de ce que Walter H. et Kurt K. (1942),  définit comme « l’ensemble des relations et des faits constitués par les déplacements et le séjour de personnes hors de leurs lieux de résidence habituelle, pour autant que ce séjour et ce déplacement ne soient pas motivés par une activité lucrative quelconque » .L’organisation Mondial du Tourisme définit l’écotourisme comme « toutes les formes de tourisme axées sur la nature et dans lesquelles la principale motivation est d’observer et d’apprécier la nature ainsi que les cultures traditionnelles qui règnent dans les zones naturelles. » La solution de l’écotourisme vient palier aux manquements du tourisme en attirant l’attention sur le bien être des communautés locales mais aussi sur la maintien le plus possible d’un environnement naturel dans son état initial. S’inscrivant dans ce courant, les participants au premier Sommet mondial de l’écotourisme, qui s’est tenu à Québec en 2002, ont reconnu que l’écotourisme englobe les principes du tourisme durable en ce qui concerne les impacts de cette activité sur l’économie, la société et l’environnement. En outre, il comprend les principes particuliers suivants qui le distinguent de la notion plus large de tourisme durable (Organisation mondiale du tourisme (OMT) et Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), 2002) :

Ø  L’écotourisme contribue activement à la protection du patrimoine naturel et culturel;

Ø  L’écotourisme inclut les communautés locales et indigènes dans sa planification, son développement et son exploitation et contribue à leur bien-être;

Ø   l’écotourisme propose aux visiteurs une interprétation du patrimoine naturel et culturel;

Ø  l’écotourisme se prête mieux à la pratique du voyage individuel ainsi qu’aux voyages organisés pour de petits groupes.

Sur le plan économique les avantages sont nombreux :

Effets économiques
Avantages directs Revenus directs des écotouristes.Création d’emplois directs.Fort potentiel de liens avec d’autres secteurs de l’économie locale.Stimulation de l’économie périphérique. Coûts directs Coûts de démarrage (acquisition de terrain, établissement d’aires protégées, superstructures, infrastructures). Dépenses permanentes (entretien des infrastructures, promotion, salaires).
Avantages indirects Revenus indirects des écotouristes (effet multiplicateur élevé). Propension des écotouristes à fréquenter des attractions culturelles et patrimoniales comme « compléments ». Avantages économiques d’une utilisation durable des aires protégées (industrie pharmaceutique, recherche) et des phénomènes naturels (ex. : maîtrise des crues) Coûts indirects Incertitude des revenus dû à la nature in situ de la consommation.Perte de revenus en raison des importations, de la participation d’étrangers ou de non-locaux, etc.Coûts de substitution.Cultures endommagées par la faune.

Source : traduction libre de Sarrasin (2002), à partir de Weaver (1998).

Au Cameroun, la prise en compte de l’écotourisme génèrerait plus d’emplois. Le tableau ci dessous présente les types d’aires protégées actuelles au Cameroun.

L’opportunités d’emplois d’un site écotouristique d’un espace protégé mentionné sur le tableau ci-dessus  peuvent être classées selon deux catégories : emploi direct et emploi indirect.

            Emplois directs :

Ø  Experts pluridisciplinaires: étude de faisabilité avec ou sans TDR (Terme de Référence) pour l’aménagement;

Ø  Ingénieurs pluridisciplinaires: études géotechniques;

Ø  Techniciens pluridisciplinaires: travaux de réalisation;

Ø  Cadres et personnels de gestion: fonctionnement du site.

Soit en moyenne 883 emplois directs dans 16 sites.

 Emplois indirects :

Ø  Transports

Ø  Guidages – portages

Ø  Activités génératrices de revenus (artisanat, produits agricoles, petite restauration…)

De façon plus concise, Blamey (1997, 2001) avance qu’une analyse des définitions nous amène à considérer trois dimensions qui constituent l’essence même du concept d’écotourisme :

Ø   Préservation de  la nature;

Ø  Préservation de l’éducation culturelle;

Ø  Prise en compte de la durabilité.

C’est principalement de ces dimensions que nous allons discuter dans le point suivant.

3-      Écotourisme :pilier du développement durable

L’écotourisme est un pilier du développement durable en ce qu’il intègre trois dimensions : préservation de la nature, la conservation des valeurs culturelle et par ricochet de  l’éducation et enfin sa capacité à transcender le temps et demeurer actuel d’où sa durabilité.

Ø  L’écotourisme préserve la nature

Bien que l’écotourisme axé sur la nature semble de prime abord facilement identifiable, la question suivante mérite d’être posée : qu’est-ce qui constitue une expérience axée sur la nature? Est-ce qu’il s’agit de la traversée en automobile d’une vallée boisée? Ou bien le conducteur doit s’arrêter pour se mettre à la marche à  travers les arbres et les fougères? Et si t’elle est le cas, quelle doit en être la durée? Est-ce qu’un environnement grandement modifié par l’Homme peut tout de même être qualifié de lieu écotouristique en considérant que tous les autres principes soient respectés ?(Blamey, 2001) Est-ce qu’une marche dans une plantation d’arbres ou une expédition en canot sur un lac artificiel constituent une expérience axée sur la nature? La question de la proximité est souvent soulevée lorsque vient le temps de considérer si une expérience touristique impliquant un élément naturel peut être considéré comme telle écotouristique. La réponse se trouve dans la capacité de l’Homme à maintenir le milieu naturel dans son état premier le plus possible. C’est cet élément qui fait  du déplacement à pied dans un site écotouristique comme le mieux adapté et l’exclusion des espaces artificiels. Cependant il faut reconnaître que l’écotourisme axé sur la nature ne pourra pas éviter la subjectivité et toute définition de ce concept comportera une composante arbitraire.

Ø  L’écotourisme préserve l’éducative culturelle.

Il est important de mentionner qu’il s’agit de l’éducation dans son sens le plus large englobant l’apprentissage et l’interprétation. Parce que chaque communauté est tributaire de son histoire, la préservation d’un espace de vie dans son état initial permet de préserver les valeurs des communautés qui se transmettent de façon orale ou par la pratique aux générations futures. Ceci est  un processus naturel qui survient tout au long d’une vie, la plupart du temps de façon fortuite. Aussi, l’éducation implique un processus conscient, planifié, séquentiel et systématique basé sur des objectifs définis et utilisant des procédures d’apprentissage spécifiques (Kalinowski et Weiler, 1992). Pour sa part, l’interprétation est une activité éducative qui vise à comprendre le monde et les relations entre ses différents éléments par l’utilisation d’objets originaux, l’expérience pratique et l’utilisation de matériel illustré, plutôt que de communiquer simplement de l’information factuelle (Tilden, 1977 cité dans Moscardo, 1998). Ainsi  c’est l’éducation prise dans sa globalité qui sert d’éléments clés et de caractéristique à l’écotourisme.

Ø  L’écotourisme s’inscrit dans la durabilité.

Nous considérons deux éléments liés à la durabilité de l’écotourisme : l’apport à l’économie locale et le support à la conservation (Blamey, 2001). Ici nous estimons que si les communautés locales bénéficient de façon suffisante des revenus générés de l’écotourisme et qu’aussi  l’écotourisme participe activement à la conservation du milieu naturel, nous nous dirigeons fort probablement vers la durabilité. Le problème de déterminer si oui ou non tel projet écotouristique adhère au développement durable reste dans sa capacité à impliquer les communautés locales dans les actions et de fédérer celles-ci dans une vision participative.

4-  Conclusion

Le tourisme industriel considéré comme un domaine favorisant les revenus économiques au niveau international et la prise de conscience des populations mondiales à la conservation et au respect du milieu naturel; a su se faire un nom depuis la fin des années 1980. L’écotourisme résout la défaillance du tourisme et s’inscrit dans la logique du  développement durable. Il est donc une aubaine à saisir pour les pays d’Afrique encore riches de patrimoine naturel. Avec l’écotourisme, chaque communauté locale se voit reprendre possession de ses traditions et le contrôle sur son avenir. Le gouvernement bénéficie d’une partie des gains financiers tout en répondant à son désir profond d’adhérer aux principes d’un développement durable. Pour que ces objectifs deviennent réalité, il faudra multiplier les efforts de consultation et de recherche afin de dissiper l’épais brouillard dans lequel baigne toujours l’écotourisme. Malgré les doutes et les remises en question qui secouent aujourd’hui ce domaine de recherche, l’écotourisme demeure une piste riche à explorer afin de concilier le développement socioéconomique de nos sociétés et la protection de l’environnement.

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