L’IMPORTANCE DE L’ATTENUATION ET ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE DANS LES VILLES AFRICAINES

Le monde est en train de subir l’urbanisation la plus large de l’histoire, avec des villes logeant la moitié de la population mondiale qu’on prévoit à 30 milliards en 2030. Les défis que posent l’urbanisation rapide ne feront que s’intensifier rapidement devant la menace qu’est le changement climatique. Le hausse du niveau des mers cause une augmentation des inondations et de l’érosion costale, qui affecte les villes côtières. L’infiltration d’eau de mer dans les zones costales et la sécheresse dans les zones costales et non-costales peuvent affecter les réserves d’eau. Des conditions climatiques extrêmes (tempêtes, cyclones, ouragans…) perturberont l’économie des villes, endommageront les infrastructures et biens immobiliers et causeront la mort des habitants. De plus, l’augmentation des températures cause la disparition de la nappe phréatique, sécheresse et dégradation de la qualité de l’air, et ces phénomènes sont amplifiés par l’effet d’îlot thermique urbain (la concentration de zones urbaines en ville augmente la température) ce qui provoque non seulement un inconfort mais également des conditions de santé sérieuses pour les plus vulnérables – enfants et personnes âgées.

Il est vrai que les villes concentrant beaucoup d’habitants, d’infrastructures et d’entreprises sont plus susceptibles de subir des catastrophes naturelles, mais cela va de pair avec un rôle et potentiel accru d’atténuation et adaptation au changement climatique. Les villes à travers le monde sont des émetteurs majeurs de gaz à effet de serre. Le programme environnemental de l’ONU affirme que les bâtiments sont les plus grands contributeurs aux gaz à effet de serre, estimant qu’un tiers de l’énergie est utilisée au final dans des bâtiments. De plus, la modification des surfaces terrestres et la perturbation de la nature qui survient avec l’urbanisation (par exemple la réhabilitation de marais pour construire des résidences et commerces ou encore couvrir le sol avec des matériaux durs – routes, toitures, pavés) augmentent les risques de désastres naturels tel que les inondations. Par conséquent, la planification urbaine et des villes est de plus en plus cruciale pour l’atténuation et adaptation au changement climatique.

CHANGEMENT CLIMATIQUE DANS LES VILLES AFRICAINES

L’Afrique s’urbanise rapidement et la population urbaine devrait passer de 33 millions en 1950 à 744 millions en 2030 et à plus de 1,2 milliard en 2050. Il est toutefois important de se demander si cette urbanisation est durable. Un rapport récent de Verisk Maplecroft, basé au Royaume-Uni, a révélé que 84 des 100 villes à la croissance la plus rapide au monde sont exposées au «risque extrême» du changement climatique et que 79 d’entre elles se trouvent en Afrique. Entre 2000 et 2008, l’Afrique a été à l’origine de plus de 20% de toutes les catastrophes météorologiques et liées au climat survenues dans le monde. Cependant, l’Afrique est confrontée à un défi supplémentaire qui réside dans le fait que la majeure partie de l’urbanisation a lieu dans des installations informelles. Dans certaines villes d’Afrique orientale, centrale et occidentale, les implantations informelles atteignent des proportions allant jusqu’à 60-80%. Ces installations informelles sont principalement constitués de logements de qualité médiocre, dépourvus d’infrastructures et de services, et sont souvent situés dans des zones à haut risque, exposées aux inondations ou aux glissements de terrain et à d’autres dangers. Cela rend essentiellement leurs populations encore plus vulnérables aux impacts du changement climatique. Un exemple est celui de Kampala, en Ouganda, où, en raison de l’urbanisation rapide, 50% de la population vit dans des zones d’installation informelles où les conditions d’hygiène sont mauvaises et où les infrastructures et les services font défaut. La capacité du sol à absorber les eaux de pluie ayant diminué en raison de la construction de chaussées et du ramassage inadéquat des déchets, le ruissellement des eaux pluviales a été multiplié par six par rapport à celui qui se produirait dans un environnement naturel. Cela a entraîné des inondations excessives à plusieurs reprises, entraînant des morts et des pertes économiques. Le changement climatique ne fera qu’exacerber cela. Le danger du changement climatique ne provient pas seulement de ses impacts directs – principalement des dommages causés aux infrastructures physiques et, dans certains cas, de pertes en vies humaines -, il a également des impacts indirects tels que la pauvreté croissante et les maladies.

RÔLE DE L’AMÉNAGEMENT URBAIN ET URBAIN DANS L’ATTÉNUATION ET L’ADAPTATION

Des principes de planification urbaine fondamentalement bons sont également des principes de planification sensibles au climat, car les rôles et responsabilités des urbanistes incluent la réduction des risques, l’amélioration des infrastructures, la protection des écosystèmes et la promotion du développement économique local. Toute initiative de développement urbain peut être considérée du point de vue de l’atténuation ou de l’adaptation urbaine. Cependant, le véritable défi consiste à faire en sorte que les urbanistes et les planificateurs prennent en compte les impacts du changement climatique dans leurs plans, stratégies et initiatives. Les planificateurs disposent de nombreux outils pour orienter les efforts d’adaptation et d’atténuation. Ceux-ci incluent:

  • Planification de l’utilisation des sols et forme urbaine pouvant minimiser l’exposition à des terres présentant des risques climatiques. De plus, les formes urbaines compactes qui permettent la marche peuvent atténuer les émissions de GES provenant des transports
  • Planification environnementale: les planificateurs doivent protéger et interdire le développement d’écosystèmes sensibles tels que les zones humides, les forêts de mangroves, etc., ce qui non seulement protège les villes des inondations, de l’érosion et d’autres menaces, mais présente également des avantages climatiques (par exemple les espaces verts réduisent la chaleur et offrent du bien-être)
  • Conception des bâtiments et des sites: la réglementation de l’emplacement et des caractéristiques de conception peut être encouragée ou interdite afin de rendre le bâtiment plus résistant aux impacts attendus du changement climatique. Par exemple, les bâtiments peuvent être construits de manière à pouvoir résister à des phénomènes météorologiques extrêmes tels que des ouragans. Du point de vue de l’atténuation, un bâtiment peut être construit pour réduire la consommation d’énergie et d’eau.
  • Planification du développement économique local: promouvoir la croissance économique est essentiel pour la durabilité urbaine, car il augmente la capacité d’adaptation des groupes vulnérables au climat

CONCLUSION ET PERSPECTIVES

Malgré les énormes effets que le changement climatique peut avoir, il n’est souvent pas intégré aux politiques et stratégies urbaines. Ceux-ci posent un certain nombre de défis. Il est important de noter que le financement limité empêche les responsables de la ville de justifier la construction d’infrastructures plus coûteuses mais plus résilientes pour l’avenir (surtout lorsque la nécessité de telles mesures de résilience ne deviendra évidente qu’à long terme). Certains soutiennent qu’il y a d’autres priorités. Sécuriser la volonté politique et obtenir un engagement politique en faveur de l’intégration des préoccupations climatiques dans les plans, les investissements en infrastructures et la gestion de l’utilisation des terres est souvent difficile et nécessite beaucoup de plaidoyer de la part des organisations de la société civile. L’aspect le plus crucial pour accélérer le climat urbain est de faire comprendre aux gouvernements municipaux que les impacts du changement climatique ne sont pas seulement des préoccupations environnementales, mais plutôt des piliers du développement qui jouent un rôle central dans la performance économique et dans la réduction et la réduction de la pauvreté.

Sources supplémentaires:

Programme des Nations Unies pour les habitats humains, 2011. Villes et changement climatique: Rapport mondial sur les habitats humains 2011.

Programme des Nations Unies pour les habitats humains, 2014. La planification en fonction des changements climatiques: Une approche stratégique, fondée sur les valeurs, pour les urbanistes.

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