COMMENT L’AFRIQUE FAIT-ELLE POUR ATTEINDRE L’OBJECTIF N ° 7 DU DÉVELOPPEMENT DURABLE DES NATIONS UNIES ?

Les objectifs mondiaux pour le développement durable ou les objectifs de développement durable (ODD) constituent un ensemble de 17 objectifs-cibles, accompagnés de 169 indicateurs qui visent à faire ressortir les problèmes brûlants qui tourmentent le monde à l’horizon 2030. Les objectifs de développement durable sont le fruit des objectifs du Millénaire pour le développement, tels qu’ils ont été introduits en 2000, mais avec un spectre d’applications plus étendu. En particulier, le septième ODD indique qu’en 2030, l’inclusion énergétique doit être réalisée. Cet objectif est divisé en trois cibles principales.

  • D’ici 2030, assurer un accès universel à des services énergétiques abordables, fiables et modernes.
  • D’ici 2030, augmenter sensiblement la part des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique mondial.
  • D’ici 2030, doubler le taux global d’amélioration de l’efficacité énergétique.

Mais comment les pays africains se débrouillent-ils pour atteindre cet objectif mondial ? En fait, certains pays s’en sortent mieux que d’autres à cet égard. Mais dans l’ensemble, le chemin à parcourir est encore long. Comme le montre la figure 1, le tableau de bord des objectifs de développement durable pour l’Afrique subsaharienne est principalement rouge dans tous les domaines, y compris pour l’ODD numéro 7. En ce qui concerne l’objectif 7, différentes régions d’Afrique obtiennent des résultats différents.

Figure.1 Tableau de bord des objectifs de développement durable pour l’Afrique subsaharienne [Rapport et index des tableaux de bord des objectifs de développement durable, 2017]

Comme elle est divisée, l’Afrique comprend la région du Sahel, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. Comme le montre la figure 2, plusieurs pays en développement sans littoral sont confrontés à davantage de problèmes qui freinent leur développement.

Figure.2 Pays africains en développement enclavés.

Les pays de la région du Sahel, parmi les plus pauvres au monde, sont classés au dernier rang en ce qui concerne l’accès à l’électricité, l’utilisation de combustibles liquides et l’émission de CO2. A titre indicatif, le pourcentage de la population ayant accès à l’électricité est de 8 % au Tchad, 14,3 % au Niger, 19,2 % au Burkina Faso et 27,3 % au Mali. La Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Nigéria et le Sénégal figurent parmi les pays d’Afrique Occidentale qui ont un meilleur accès à l’électricité avec environ 60 % de couverture mais la production de cette énergie dépend de combustibles fossiles à haute émission de carbone et pour chaque TWh produit, plus d’une mégatonne de CO2 est rejetée dans l’atmosphère. Le principe reste le même pour les autres régions. Un faible pourcentage de la population a accès à l’électricité et les émissions de CO2 sont très élevées. Seules l’Afrique du Sud, où 86 % de la population ont accès à l’électricité, et Maurice avec 99,7 % ont réussi à éviter ce problème. La part d’énergie renouvelable dans toute la production n’est cependant que de 2 % en Afrique du Sud et de 22 % en moyenne à Maurice.

Figure.3 Quantité d’énergie renouvelable en pourcentage de la valeur totale.

L’Afrique du Sud est donc bien loin d’atteindre l’Objectif Global de Développement #7 et n’offre qu’un environnement vulnérable à ses citoyens. Le Gabon, le Botswana et l’Afrique du Sud font partie des pays qui fournissent à plus de la moitié de leur population un accès en combustibles non solides pour la préparation des repas. Récemment, d’importants projets pilotes visant à augmenter le pourcentage de couverture apparaissent en Afrique. Le gouvernement du Cameroun a lancé une initiative de promotion du GPL dans le but de fournir d’ici 2030 des combustibles de cuisson propres à 58 % de sa population. L’expansion du programme de GPL du Ghana vise les communautés rurales dans tout le pays et a déjà fourni des énergies de cuisson propres à 149 000 personnes. D’autres projets similaires utilisant de l’éthanol ou du biogaz existent au Nigéria, au Kenya et en Tanzanie.

Certains des pays privés d’énergie propre sont les pays en développement enclavés. Bien que situés dans des régions différentes à travers l’Afrique, ils sont confrontés à des problèmes similaires en raison de leur situation géographique. Le manque d’infrastructure, les capacités commerciales réduites et les conflits ont plongé ces pays dans la pauvreté. Dans ces pays, le pourcentage de la population ayant accès à l’électricité est très faible, seul le Botswana atteint les 50 % de couverture.

 

Figure.4 Accès à l’électricité en pourcentage de la population dans les pays en développement enclavés en Afrique.

Mais on peut littéralement apercevoir une petite lueur au bout du tunnel. La baisse des prix des panneaux photovoltaïques ainsi que l’augmentation du rendement de ces derniers ouvrent des voies nouvelles à des investissements plus importants dans ce secteur tel que l’illustre la Figure 5 de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables.

Figure.5 Recul des prix par Watt fourni par les panneaux photovoltaïques.

L’énergie solaire atteint 2000 kWh/m2 par an dans certaines régions. Cette production peut couvrir tous les besoins de la population et suffit également à assurer les autres besoins croissants en énergie. Les données détaillées dans la Figure.6 illustrent le potentiel de croissance dans le secteur de l’énergie pour les pays africains. Grâce aux investissements dans des solutions innovantes en matière de micro-réseaux solaires, les populations rurales peuvent accéder à l’électricité et avoir les moyens, en tant que nations, d’atteindre l’Objectif de Développement Durable #7.

Figure.6 Irradiation solaire horizontale globale en Afrique.

Cet article a été publié sur le blog de Renewable Energy World Magazine.

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