MENTORES ISNAD-AFRICA MRP AU CIPSEM A DRESDE

Enoch Bessah et Natei Ermias Benti, voudriez-vous vous présenter et nous dire ce que vous pensez de votre sélection pour la participation aux cours intensifs sur l’environnement au CIPSEM à Dresde.

Enoch : Je poursuis mes études de doctorat à la Pan African University, Initiative de l’Union Africaine. Je suis étudiant en Gestion de l’Environnement à l’Institute of Life and Earth Sciences à l’Université d’Ibadan, Nigeria. Je suis très heureux d’avoir été sélectionné et je me sens privilégié de pouvoir participer à ces prestigieux cours internationaux.

Natei : Je suis originaire d’Ethiopie. J’ai obtenu mon BSc en physique de l’Université d’Addis-Abeba et mon MSc en physique de l’environnement de l’Université d’Haramaya. Après avoir obtenu mon MSc, j’ai travaillé comme professeur de physique à l’Université Jigjiga en Ethiopie. Je suis actuellement étudiant en doctorat à l’Université d’Addis-Abeba, Ethiopie, avec comme domaine de spécialité l’Energie et le Changement Climatique. Je suis très fier d’être l’un des rares étudiants sélectionnés pour participer à ces cours d’un mois au CIPSEM à Dresde, Allemagne. J’ai beaucoup appris des cours et des professeurs mais aussi des autres participants et des visites de terrain, un apport considérable pour mes travaux de recherche pour mon doctorat mais aussi pour mon pays.

 

Pouvez-vous nous donner un aperçu de votre participation aux 76ième Cours intensifs internationaux du PNUE/UNESCO/BMUB sur les énergies renouvelables et l’efficience de l’énergie ? Comment avez-vous vécu ce programme ?

Enoch : Le programme traite du rôle que joue le secteur de l’énergie dans les débats actuels sur l’atténuation du changement climatique et comment les transitions et réformes dans le secteur de l’énergie constituent une étape importante dans l’atteinte des objectifs de la COP21 pour limiter à 2˚C le réchauffement climatique mais aussi du nouvel objectif du GIEC.

Les 76ième Cours intensifs internationaux du PNUE/UNESCO/BMUB sur les énergies renouvelables et l’efficience de l’énergie du CIPSEM Dresde m’ont permis de voir différemment le changement climatique. J’ai vu la pertinence sur le terrain (évaluation et modélisation du changement climatique) et j’ai découvert comment l’Allemagne agissait pour atteindre ses objectifs en matière de réduction des gaz à effet de serre, en particulier dans le secteur de l’énergie. Bien qu’il reste beaucoup à faire, l’Allemagne a définitivement changé en ce qui concerne sa contribution au réchauffement de la planète.

Natei : Les cours étaient concentrés sur l’ingénierie, les aspects sociaux, économiques et juridiques des technologies d’énergies renouvelables, sur leur implantation et leur impact sur l’environnement.

Ces cours m’ont permis d’acquérir de l’expérience, d’apprendre et je me suis fait de nombreux amis qui occupent des postes à responsabilités. Ce fut un cours très intéressant pour moi. Je pense que le cours était très bien préparé et organisé, bien structuré et facile à suivre. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir suivre les cours.

Enoch Bessah, vous avez participé à plusieurs visites guidées de la ville, organisées par le CIPSEM Dresde. Pouvez-vous nous citer quelques exemples de pratiques durables que vous avez remarquées et que vous pensez pouvoir appliquer dans votre pays d’origine ?

Enoch : Le premier exemple et le plus important à mon avis était la diffusion d’informations. Si l’Agence de Protection Environnementale du Ghana adopte les méthodes de flux d’informations environnementales et d’éducation de l’Agence Fédérale pour l’Environnement de l’Allemagne, nos connaissances sur l’environnement seront améliorées et nos citoyens auront une meilleure conscience de leurs pratiques en ce qui concerne le développement durable.

Les systèmes d’alimentation en énergie locaux que nous avons vu à Chemnitz sont une autre pratique que nous pouvons adopter. Les municipalités et les districts peuvent lancer des projets de valorisation énergétique des déchets, des projets de mini et micro-réseaux solaires, en particulier dans les zones hors réseau au Ghana.

 

Benti Natei, avez-vous des expériences à partager sur les visites guidées ?

Natei : Nous avons visités des endroits fascinants tels l’Office Fédéral de l’Environnement, le Centre allemand de recherche sur la biomasse, la ville de Chemnitz, l’entreprise SolarWatt. Toutes les personnes rencontrées ont été des hôtes parfaits ; ils ont partagé des expériences très importantes. Concernant les installations solaires thermiques construites à Chemnitz, il est impressionnant de voir l’engagement des gens pour disposer de leurs propres ressources, et ce avec une radiation solaire annuelle très faible, c’est une bonne expérience pour les pays en développement très ensoleillés dans les régions équatoriales mais on manque de ressources financières.

Benti Natei, vous avez présenté un rapport sur votre pays, dans quelles régions d’Ethiopie ou en Afrique est-il le plus urgent d’intervenir ?

Je pense que le monde entier devrait augmenter la part d’énergies renouvelables afin d’atténuer le changement climatique. En Afrique, la biomasse traditionnelle occupe la plus large part de la consommation énergétique primaire, ce qui a des conséquences directes sur la déforestation et l’érosion des sols. Je pense donc qu’il est crucial de trouver des technologies de cuisson efficaces et propres. En Ethiopie particulièrement, la production d’électricité est dominée par de grandes installations hydroélectriques qui souffrent des sécheresses récurrentes, il est donc urgent de développer un mix énergétique et de mettre en place l’électrification des zones rurales hors réseau.

Enoch Bessah, que pensez-vous du rapport national pour le Ghana ?

Enoch : Si le Ghana souhaite atteindre la stabilité macro-économique documentée dans le Programme Coordonné des Politiques de Développement Economique et Social, 2017-2024, l’ODD 7 doit être une priorité pour la nation. L’objectif d’augmenter la part des énergies renouvelables de 10 % dans notre mix énergétique d’ici 2030 tel qu’annoncé dans les Contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN) dans le Protocol de Paris doit être évalué et suivi annuellement pour voir sa réalisation.

 

Le programme a tenté des mesures de financement pour les Energies Renouvelables et l’Efficacité Energétique. Comment pouvons-nous appliquer des mesures de financement pour les Energies Renouvelables et l’Efficacité Energétique en Afrique, en prenant exemple sur l’Ethiopie et le Ghana ?

Enoch : Au Ghana, l’engagement du gouvernement d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique représente une étape majeure dans le financement des Energies Renouvelables et l’Efficacité de l’Energie. Les politiques en matière de tarifs de rachat sensibles pour les producteurs énergétiques indépendants d’énergies renouvelables attireront plus d’investisseurs pour financer les projets d’énergies renouvelables.

Considérant les leçons tirées du programme pour les énergies renouvelables GET FiT en Uganda, l’atténuation des risques peut être explorée au Ghana. Le principe fonctionne en Uganda et pourrait fonctionner dans la plupart des pays africains.

Natei : Le financement est l’un des plus grands obstacles au développement des énergies durables en Afrique et cela est valable pour les énergies renouvelables autant que pour l’efficacité de l’énergie. Un financement efficace de l’innovation dans le secteur des énergies renouvelables nécessite une meilleure compréhension du lien entre les différents types de financement et la volonté d’investir dans les énergies renouvelables. Mes connaissances en matière de financement des énergies renouvelables et de l’efficacité de l’énergie étant très limitées, je préfère ne pas m’étendre sur la réponse à cette question.

Benti Natei, quels aspects des cours avez-vous trouvé les plus intéressants et pourquoi ?

Tous les cours étaient très agréables et pratiques. Les professeurs étaient très intéressants et particulièrement bien préparés. Par conséquent, les cours étaient plutôt intéressants. Nous avons beaucoup appris de la visite du pays auparavant, je n’avais pas beaucoup de connaissances sur le financement des énergies renouvelables et de l’efficacité de l’énergie ou sur un audit énergétique, j’ai beaucoup appris.

 

Avez-vous vu quelque chose de remarquable lors de la visite du Centre allemand de recherche sur la biomasse, un élément important pour l’Afrique ?

Le Centre allemand de recherche sur la biomasse (DBFZ – Deutsches Biomasseforschungszentrum) agit comme organe central et indépendant dans le domaine de l’énergie et de l’utilisation de la biomasse et étudie comment les ressources limitées en biomasse peuvent contribuer de manière durable et hautement efficace aux systèmes énergétiques existants et futurs. Une partie de la recherche du DBFZ est consacrée à l’identification, au développement, à l’accompagnement, l’évaluation et la démonstration des secteurs les plus prometteurs pour l’utilisation de la bioénergie mais aussi aux exemples les plus pertinents réalisés en collaboration avec des partenaires dans les domaines de la recherche, de l’industrie et du public. L’établissement d’une collaboration avec cette institution est très important pour les Technologies d’énergie biomasse en Afrique.

 

Enoch Bessah, quels résultats spécifiques avez-vous pu constater lors de votre visite de Chemnitz susceptibles d’aider l’Afrique et le Ghana dans la transition énergétique ?

Enoch : Le concept communal de génération d’énergie de la ville de Chemnitz pourra aider le Ghana. Les installations ou panneaux solaires installés sur les bâtiments publics et exploités par les citoyens pourraient aider l’Afrique. Le concept d’incitations (du gouvernement ou du district) pour les particuliers qui installent des panneaux solaires sur leurs toits pour alimenter le réseau national transformera le secteur de l’énergie dans les pays d’Afrique.

Le potentiel des technologies de l’éolien, de la biomasse et du solaire est important dans le mix énergétique en Afrique. Pouvez-vous nous donner quelques exemples de la mise en pratique qui devraient être appliqués dans les pays en développement ?

Enoch : La flexibilité des énergies renouvelables dans le mix énergétique est l’un des moyens pour réduire les black-out subis régulièrement en Afrique. Elle aidera à diminuer les charges de base dans le mix et même à les supprimer complètement dans le futur. Grâce à l’irradiation continuelle tout au long de l’année de l’Afrique en raison de la position géographique du continent (en majorité), le solaire reste l’atout majeur. La fiabilité des énergies renouvelables est équilibrée si le solaire, l’éolien et la biomasse sont associés. Le solaire produit de l’énergie durant la journée, l’éolien tôt le matin et au coucher du soleil jusque dans la nuit. L’énergie biomasse sera toujours disponible aussi longtemps qu’il y a des ressources. L’émergence des énergies renouvelables peut être une solution pour permettre à l’Afrique d’en finir avec les black-out et l’accès limité à l’électricité. Les initiatives telles que light up and power Africa de la Banque Africaine de Développement constituent l’une des nombreuses solutions de financement pour le climat sur lesquelles l’Afrique peut s’appuyer pour changer le cours de l’histoire pour la génération actuelle mais aussi pour les générations futures.

Natei : Oui, l’Afrique est dotée de généreuses ressources d’énergies renouvelables. Le système de gestion des déchets et les technologies de valorisation des déchets ont retenu mon attention et j’ai l’ambition de les mettre en œuvre en Afrique. Dans les villes allemandes, il y a 4 bacs à ordures partout, ils sont verts pour le papier, jaunes pour le plastique, bruns pour les déchets organiques et noirs pour les déchets résiduels. Le contenu de ces poubelles sera recyclé et contribuera aux besoins en énergie, on améliore ainsi la qualité de la bioénergie.

 

Quel serait le gain pour vous et diriez-vous que vos attentes sont satisfaites grâce au cours de courte durée CIPSEM de Dresde sur l’environnement ?

Natei : Mes attentes à l’égard du cours de courte durée sur l’environnement comprennent : élargir l’horizon de mon domaine de recherche actuel et approfondir ma compréhension sur la façon d’améliorer encore mon travail de recherche ; garder l’œil ouvert pour savoir si mes travaux de recherche actuels « réinventent la roue » lorsque d’autres chercheurs qui mènent des recherches similaires terminent plus rapidement que moi ;obtenir une nouvelle idée / inspiration pour de nouveaux travaux de recherche que je pourrai entreprendre à l’avenir ; réseautage avec d’autres chercheurs pour établir une future collaboration.

Enoch : Grâce au 76e cours de courte durée sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, j’ai appris que le changement d’attitude et de style de vie est une étape majeure et un des domaines les plus difficiles pour atteindre les objectifs d’atténuation du changement climatique. Ce que j’ai reçu au cours de ces 4 semaines est plus que ce à quoi je m’attendais en lisant la courte introduction au cours sur https://tu-dresden.de/bu/umwelt/cipsem/unep-unesco-bmu/next-courses/sc76.

Je remercie les organisateurs du Center for International Postgraduate Studies of Environmental Management (CIPSEM), sponsors ; Ministère allemand de l’environnement, de la conservation de la nature et de la sûreté nucléaire, Agence allemande de l’environnement, Université technique de Dresde et partenaires ; PNUE, UNESCO, Ville de Chemnitz, Agence allemande de l’énergie (dena), Centre allemand de recherche sur la biomasse (DBFZ), Eins Energie in Sachsen, SOLARWATT AG, The Center for Resource Efficiency (ZRE) de l’Association of German Engineers (VDI), adelphi , The Renewables Academy (RENAC) pour avoir fait du SC76 une formation percutante. Enfin, je remercie l’initiative ISNAD-Afrique du Programme de Recherche en Mentorat (MRP) qui m’a permis de m’engager grâce à un partenariat avec le CIPSEM.

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